Sculpture, conception et création
Miguel Chevalier (artiste) et Woytek Sepiol (designer)
Concept de fractal.
Le concept de fractal caractérise des
objets possédant à toutes les échelles
d’observation des détails similaires à l'ensemble,
dont certaines mesures peuvent diverger et dont
la dimension et les nombres peuvent être
non entiers.
De nombreux objets naturels possèdent
ces propriétés. Exemple : une branche
de fougère. La forme de l’un de
ses détails est très proche de
celle de la branche entière.
Aidée par les progrès étonnants
des technologies informatiques, dans les années
soixante/soixante-dix s'opère la révélation
des fractales, grâce tout particulièrement à Benoît
Mandelbrot (inventeur du mot fractal et “père” de
l’ensemble dit de Mandelbrot)
La géométrie fractale a rapidement
conquis ses galons d’outil mathématique
fondamental en réussissant à réunir
alors des domaines jusqu’à présent
disjoints. Des structures fractales sont ainsi
repérées des plus petites aux plus
grandes échelles et certains vont même
jusqu’à attribuer à l’espace-temps
une structure fractale.
Concept de Tenségrité.
Les systèmes de tenségrité font
l’objet de recherches depuis le début
des années cinquante. Le mot anglais “Tensegrity” a été inventé par
Richard Buckminster Fuller. Il résulte
de la contraction des mots tension et intégrale,
ce qui illustre l’une des caractéristiques
principales de ces systèmes : la continuité du
réseau tendu.
En principe la construction de systèmes
de tenségrité se caractérise
essentiellement par le fait qu’ils sont
constitués avec deux éléments
de base : des barres et des câbles. Les
barres restent entre elles discontinues tandis
que les câbles forment une configuration
continue. Les barres travaillent exclusivement à la
compression et les câbles à la traction.
Les premières sont insérées
dans les seconds. Il en résulte un ensemble équilibré.
Les propriétés générales
des systèmes de tenségrité sont
très légères au regard de
leurs performances mécaniques. Ces systèmes
permettent de réduire le poids de moitié par
rapport à des systèmes équivalents
en termes de résistance mécanique.
Fractal Flowers
Après l’expérience des Sur-natures, jardins virtuels exposés dans de très nombreux pays, la nouvelle œuvre intitulée "Fractal Flowers" présente une nouvelle génération de fleurs et de jardins virtuels.
Il s’agit de fleurs géantes fractales aux couleurs et aux formes de différentes tailles, générées à l’infini grâce à un logiciel inédit.
Cette œuvre s'appuie sur un principe génératif et interactif créant des graines virtuelles autonomes, qui naissent aléatoirement, grandissent, s’épanouissent et meurent, tout en réagissant au passage des visiteurs.
Elles dévoilent des fleurs aux formes beaucoup plus affirmées et stylisées que les Sur-Natures, poussées à l'extrême de leur géométrisation.
Nous sommes ici dans un univers végétal très intriguant, peuplé de fleurs-cristal à la structure filaire, rappelant les facettes d'un diamant, qui ont à la fois une réelle monumentalité par leurs formes géométriques et en même temps un aspect évanescent lorsque, en quelques secondes, elles s'évaporent dans l'air.
Le gigantisme de ces fleurs, leur capacité à suivre du regard le visiteur quand il se déplace, crée un étrange et mystérieux, voir troublant dialogue avec lui.
Les fleurs se courbent comme pour faire une révérence et l’accueillir dans la virtualité de cet intriguant jardin.
Elles déploient alors leurs plus belles couleurs, leurs plus incroyables formes, s'observent entre elles, se confondent sur les fonds colorés, se penchent vers lui comme pour regarder de plus près sa réalité, pour enfin disparaître sous son regard fasciné et ému de ce rapport si vivant avec un objet virtuel qu'il ne reverra jamais.
Pixels liquides
A travers cette installation interactive, l'artiste recouvre une surface, façade, monument… d'une peau de pixels qui évolue au gré du passage des spectateurs. Ceux-ci endossent virtuellement le rôle de l'artiste par l'entremise de capteurs disposés dans l'espace public, leurs mouvements créent alors des traînées de peintures qui s'animent sur la façade et s'effacent lentement jusqu'au prochain passage.
L'utilisation des couleurs, du mouvement ainsi que la forme des images rappellent les "drippings" de Jackson Pollock, et le caractère interactif de l'œuvre transforme les spectateurs en véritables "action painters".
La rencontre de la peinture, de la couleur, du virtuel et du numérique, génère une passerelle entre des techniques différentes, qui au gré du hasard et des déplacements des spectateurs, crée un dialogue original.
Cette installation associe art corporel virtuel et peinture numérique, et propose au spectateur une nouvelle expérience de son corps dans l'espace public.
Sur
nature et Ultra nature
"Sur nature" est constitué de
plantes et de fleurs virtuelles, qui poussent
chaque jour en temps réel sur des écrans à plasma,
ou dans une serre gonflable.
Ces images pures constituées de pixels
ne sont plus immobiles, mais sont en quelque
sorte générées dans et par
le temps (un calcul du logiciel prévoit
de l'aléatoire dans la croissance des
plantes).
Composées de fleurs virtuelles celles-ci,
ont leur propre trajectoire évolutive
sur une année et se transforment à contre
courant du cycle des saisons. Aussi, ces créations
retrouvent-elles la sensibilité cosmique
de Monet, son exploration de la lumière,
du temps et son goût des séries,
notamment dans les nymphéas.
Sur nature
peut évoluer vers "Ultra
nature"
L'idée alors est de transformer un espace
en un "jardin virtuel" par une installation
interactive de réalité virtuelle
projetée à l'aide de vidéo
projecteurs et d'ordinateurs. Des capteurs infra
rouge disposés tout au long de l'espace
permettent aux visiteurs de faire réagir
dans cette nature de synthèse les plantes
qui se courbent et ondulent à droite ou à gauche
pour former des entrelacs « baroques » et
d’insolites ballets végétaux.
Le "jardin virtuel" est composé de
variétés de plantes filaires et
luminescentes (des herbacées, des cactées
rouges et violacées, de longues fleurs
jaunes aux tiges turquoises…) qui naissent
aléatoirement, s’épanouissent
et meurent en fonction de leur "code morphogénétique".